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Kokilapriya - Colunia "Sangita"

La harpe chromatique à cordes alignées est un instrument nouveau, mis au point il y a une quinzaine d'année par le luthier breton Philippe Volant. La particularité de cette harpe réside dans le fait qu'elle possède les douze notes d'une octave au lieu de huit habituellement présentes sur les harpes celtiques et les harpes à pédales dites harpes diatoniques. Ces dernières utilisent respectivement un mécanisme de levier et de pédales afin de régler l'accord désiré et d'accéder aux notes manquantes.
L'évolution de l'apprentissage de la harpe depuis les années 70 avec l'introduction de la harpe
celtique dans les conservatoires et les écoles de musique a permis de populariser l'apprentissage
de la harpe. Avec cela, est née l'ambiguïté de l'instrument celtique déconnecté de son contexte
traditionnel. Alors que certains préservent la tradition d'origine de l'instrument, d'autres, ayant
souvent eu une formation plus hybride en terme de style s'essayent à de nouveaux répertoires et
tentent de s'inscrire dans le paysage musical actuel.
L'évolution des musiques au cours du vingtième siècle rend difficile l'exécution de certains morceaux
sur harpe diatonique, en particulier pour les styles jazz et les musiques improvisées qui nécessitent un
rapport instantané entre l'oreille du musicien et son instrument. La pratique des musiciens actuels tend
aussi à se diversifier et il n'est pas rare de voir des musiciens issus d'un style partager des expériences
et s'ouvrir à d'autres styles.
Cette ouverture peut être freiné chez les harpistes car alors même que la harpe diatonique est un instrument
dit "harmonique", elle n'est pas optimisée pour ce rôle puisque qu'elle nécessite des mécanismes intermédiaires.
La harpe chromatique, quant à elle, permet une adaptation rapide à n'importe quel contexte harmonique, de
naviguer facilement entre les tonalités, et possède donc cette capacité d'ouverture que peut avoir les
instruments comme le piano par exemple.
Encore trop peu connue, elle est pourtant susceptible d'apporter des solutions à une génération de musiciens qui
souhaitent s'enrichir au-delà de barrières stylistiques, et aider la harpe à accroître sa visibilité auprès de différents
publics dans le paysage musical actuel.
La fondation de France et ses experts musicaux sous la houlette de JP Holstein, compositeur et directeur de conservatoire de Paris, ont été convaincus par le potentiel de cet instrument et ont accordé une bourse « déclics jeunes » en 2010 à Émilie Chevillard pour l'acquisition, l'apprentissage et le développement de cet instrument.


















